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    August 03

    Je suis...

     

    Je suis

    ...

     

    "Parisien".

     

    En cinq syllabes, je me mets à dos une bonne partie de l'hexagone, ce pour diverses raisons dont je ne ferai pas le détail ici.

    Ce serait trop facile.

    Remarquez, j'aurais pu faire mieux! Avec les deux syllabes en introduction composantes d'un mot quelque peu ordurier, tenez, "censuré" par exemple je pouvais faire un meilleur score je pense. Mais ça manque de classe.

    Et puis, en vous traitant de la sorte, les parisiens n'auraient même pas réagi. Enfin une partie des parisiens. Plus précisément les parisiens en mode automobiliste.

    Parce que "censuré" semble être passé dans le code de la route de la capitale, en fait, un terme de reconnaissance, d'appartenance à un même groupe. Dans la circulation, on se traite ainsi comme on se dit "bonjour, comment ça va ?!! Qu'est-ce que c'est que cette manie que t'as de t'arrêter au stop là?!! J'adore! Aller vieux, à ce soir on se retrouve pour un sauna au Co2 Porte d'Italie".

    Tout va bien.

    C'est rigolo à voir, pour un nouveau parisien comme moi.

    Ainsi, j'ai appris que dans la capitale, l'arceau du volant est purement décoratif: ici on conduit les deux mains appuyées au centre, très commode pour l'usage du "criard" (désolé j'ai fréquente pas mal de natifs du Québec cet été, ça laisse quelques traces au niveau du vocabulaire, ici le klaxon). J'imagine d'ailleurs que le petit symbole de la trompette doit se retrouver "gravé" sur toutes les paumes, il faudrait le vérifier.

    Je reste ainsi tous les jours assez admiratif devant ces torrents de véhicules pilotés avec, il faut bien le reconnaître, un certain talent au regard des milliers d'accidents auxquels on assiste chaque jour. Ce qui est étonnant, c'est qu'ils ne se produisent pas, à Paris. En réalité ces accidents sont inévitables jusqu'à "impact moins une secondes", mais un coup sec et ultra nerveux de volant/klaxon: miracle ordinaire. C’est passé.

    Un moustique se serait senti obèse entre les deux pare chocs, mais, ça passe.

     

    Quand je reste planté là, à contempler la circulation, je me dis que s'il en est ainsi dans toutes les capitales du monde alors on peut aisément comprendre pourquoi certains sur cette planète sont très malheureux. Toute divine qu'elle soit, si elle existe, l'entité supérieure chargée de la bonne fortune de ce monde doit exploser ses quotas de nouilles-à-border-les-culs avec les automobilistes...

    Et je ne veux même pas savoir comment elle fait pour gérer depuis qu'on a installé les premiers vélib'.

    Il y a dû y avoir un problème de communication au lancement, autour du nom.

    " Vélib de faire c'que j'veux ".

    A priori certains voulaient voir comment c'est fait sous un camion.

    Rupture de nouilles sans doute.

    Mais je m'éloigne.

    Parce que pour l'instant j'aime bien Paris. J'habite dedans, un coin agréable où j'ai même eu le plaisir de retrouver un orchestre d'harmonie. Dans son kiosque. Comme ça, un dimanche après-midi, avec des musiciens en costume respectant à la lettre les notes inscrites sur leurs petites partitions. Je dis ça comme ça, parce que la dernière fois que j'en ai entendu une, d'harmonie municipale, j'ai cru un instant qu'un plaisantin avait glissé quelques partitions d'œuvres contemporaines sur les pupitres de ses collègues, histoire de donner un coup de jeune à leur interprétation d'une quelconque marche militaire. Mais non, les fronts ruisselaient de concentration. Peut-être la faute à un chef d'orchestre médiocre qui surprenait ses musiciens en se trompant dans le tempo, les obligeant par là même à courcircuiter instantanément quelques notes, pour le meilleur et pour le pire. Rayer la mention inutile. 

    J'aime bien m'y balader comme dans la chanson d'Higelin, la semelle battant la poussière.

    J'aime bien visiter les quartiers de cette ville découverts dans des films.

    Je suis heureux de la connaître avant que Barjavel nous prouve qu'il avait vu juste dans Ravage...

     

    Un de ces quatre, je vous parlerai d'Orly. C'est chouette aussi un aéroport.

    Bonsoir

     

    Plum's